Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Les liens du sang, le 26 aout 2008 en DVD ****



Les liens du sang de Jacques Maillot

Synopsis


Lyon, à la fin des années 70.
François, inspecteur de police, apprend la sortie de prison de son frère, Gabriel, qui vient de tirer dix ans pour meurtre. Entre le flic et son aîné, les retrouvailles ne sont pas évidentes, mais chacun a la volonté de tirer un trait sur le passé. Gabriel essaie de se ranger et François se met en quatre pour l'aider.
Mais la réalité et les vieux démons finissent par les rattraper. Pour les deux frères, séparés par leurs choix, mais unis par le sang, le chemin parcouru semble étrangement aboutir à la même impasse.

L'Avis de Thibault

Près de dix ans après son premier long métrage très remarqué Nos vies heureuses, Jacques Maillot renoue avec une tradition du polar à la française illustrée en d'autres temps par les Melville, Giovanni et autres Boisset.

Planté à la fin des années 70 avec en toile de fond la mort de Mesrine, le film parvient à recréer une époque et s'attarde en profondeur sur la psychologie des personnages. Jacques Maillot ne juge pas ces personnages et les traite sur un même pied d'égalité chacun avec ses motivations, ses peurs, ses angoisses, ses regrets et ses espoirs. Le long métrage nous décrit habilement les liens compliqués qui unissent et répulsent deux frères. La mise en scène est sobre et efficace, nous épargnant les flashs back à la mode et les montages tarabiscotés.

Le rythme lent semble volontaire, et semble référer aux films de gangsters des années 70. Il lui donne la particularité d'un film où l'on prend le temps, le temps de donner au public une proximité avec les personnages, le temps de faire le portrait d'une histoire qui malgré le côté à priori déjà vu du flic et du bandit, s'intéresse davantage aux relations humaines qu'aux bang bang habituels. En revanche, il est dommage qu'un aspect du scénario n'ait pas été plus fouillé et mieux exploité. Quel est le rôle du mensonge du père à propos du soit disant abandon maternel de son ex-femme ?

Les personnages nous font part d'une émotion palpable, qui les rend humains avec toutes leurs failles. François Cluzet est admirable dans son rôle de voyou flamboyant et humain et Guillaume Canet est tout en intériorité. Le duo est convainquant. Ils se connaissent bien puisque le premier a dirigé le second dans Ne le dis à personne avec le succès qu'on connait. Leur complicité parait bien à l'écran et c'est un réel plaisir de les voir tous les deux ainsi. Un beau plaisir aussi de retrouver la belle et talentueuse Clotilde Hesme qui après Les chansons d'amour, nommée aux Césars, confirme tout le bien que l'on pense d'elle. Elle est juste, émouvante.

Marie Denarnaud (Papa), Alain Beigel (La boum) Luc Thuillier (C'est beau une ville la nuit) et Cyril Couton (Le candidat) complètent le casting.

Tranche de vie policière qui rappelle L627 dans son réalisme et son élégance dans la mise en scène. Formidable film sur la famille qui se déguise derrière un polar classique. Une grande tragédie.

Fiche technique

Fiche technique

Genre : Policier

Nationalité : Française

Réalisation : Jacques Maillot

Casting : Guillaume Canet, François Cluzet, Clotilde Hesme, Marie Denarnaud, Helene Foubert, Eric Bonicatto, Olivier Perrier, Carole Franck, Luc Thuillier, Marie Gili-Pierre, Fred Ulysse, Mehdi Nebbou, Nadia Fossier, Pierre Pellet, Cyril Couton et Alain Beigel

Durée : 106 min

Année de production : 2007

Date de sortie : 6 février 2008

N° de visa : 109472


10/03/2009
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