Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Séance de rattrapage : Chatroom ***

Chatroom, le 11 aout au cinéma ***
 
Chatroom de Hideo Nakata

Synopsis


William, 17 ans, solitaire, passe son temps sur internet et ouvre un forum de discussion pour les adolescents de sa ville.
Rejoints par Eva, Emily, Mo et Jim, tous vident leurs sacs sur leurs parents, leurs soi-disant amis, leurs émois, leurs traumatismes. William, très à l'écoute, les conseille et les incite à s'affranchir de leurs problèmes par l'action...
Aucun d'eux ne sait que dans la vie réelle William est un adolescent perturbé, et qu'il est déterminé à influencer le groupe sur son Chatroom « à la vie - à la mort »...

L'Avis de Thibault

Chatroom est au départ une pièce de théâtre écrite par Enda Walsh. C'est le réalisateur japonais Hideo Nakata qui met en scène cette adaptation.

Ado fortement perturbé, un gourou du web entraîne deux garçons et deux filles de son âge sur ses sentiers favoris : révolte contre l'ordre établi (surtout celui de la famille, il hait la sienne) et plus, si affinités.

Le mal être des ados ne date pas d'aujourd'hui, mais avec internet cela peut prendre des proportions parfois hors de contrôle. Les ados, perdus dans leur vie et dans leur tête, se réfugient donc dans ce monde virtuel, où ils peuvent à la fois révéler leur moi profond et se cacher derrière des masques.

L'originalité est de matérialisé les conversations de la Chatroom avec de vraies scènes et pas par écrans interposés. Le jeu de couleurs est très intéressant. Dans la Chatroom, tout est plutôt vif et dans la réalité, tout est très terne. Les accès et les décors de la Chatroom font d'ailleurs penser à l'esthétique Shining.

Un peu comme une métaphore entre notre réalité et la vie que l'on s'imagine. La très bonne idée est de mélanger sans transition la réalité et le monde virtuel, concrétisé ici par une succession infinie de couloirs et de salles. Il matérialise ainsi la frontière de plus en plus floue entre le réel et le virtuel dans le monde contemporain et mène une charge assez violente contre les dérives d'Internet et l'aliénation de l'individu qui en découle.

Le relatif anonymat qui y règne pousse les plus forts à laisser libre cours à leurs pulsions et les plus faibles à renoncer à leurs inhibitions. La progression du récit est orchestrée avec maestria jusqu'à un épilogue haletant. Le dernier plan où ces adolescents, si intimes sur la toile, se séparent comme de parfaits inconnus dans le monde réel résume fort bien le propos du film...

On retrouve dans le rôle titre, Aaron Johnson le super héros de Kick-Ass. Dans un registre très différent il est encore très convaincant, un petit sourire à la Nicholson aux lèvres. Dans la peau d'un adolescent perturbé, manipulateur sadique et suicidaire, il est à contre-emploi de son précédent film. Autre belle révélation, Matthew Beard (Une éducation) est tout simplement déchirant et sait retranscrire toute la fragilité du personnage dépressif de Jim. Il est très attachant lors de sa confidence sur son abandon.

Cette année, au Festival de Cannes, le virtuel était très tendance. Hideo Nakata s'est imposé comme un maître de l'horreur avec les cultes Ring et Dark Water et, d'une certaine manière, l'histoire de ces quatre adolescents à problème construisant une amitié virtuelle avec un gourou moins bienveillant qu'il n'y parait est également un thriller psychologique proche de l'épouvante.

Fiche Technique

Genre : Thriller

Nationalité : Britannique

Réalisation : Hideo Nakata

Casting : Aaron Johnson, Imogen Poots, Matthew Beard, Hannah Murray, Daniel Kaluuya, Megan Dodds, Michelle Fairley, Nicholas Gleaves, Jacob Anderson, Tuppence Middleton, Ophelia Lovibond et Richard Madden

Durée : 87 min.

Interdit aux moins de 12 ans

Année de production : 2010

Attachés de presse : Céline Petit et Clément Rebillat

Date de sortie : 11 aout 2010
 
 


14/08/2010
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