Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Chez Gino, le 27 septembre 2011 en DVD ***

Chez Gino, le 30 mars au cinéma ***

Chez Gino de Samuel Benchetrit

Synopsis


Gino, installé depuis trente ans à Bruxelles, tient une pizzéria achetée avec les économies de son épouse Simone.
Sa vie est bouleversée par la nouvelle de la mort prochaine de son oncle d'Italie, un parrain de la mafia rendu milliardaire par ses activités illicites. Une grosse part d'héritage est promise à Gino. Seul hic, il lui faut pour la toucher, prouver à son oncle, qu'il est bien devenu, comme il le lui a raconté, un redoutable parrain régnant sur toutes les pizzérias parisiennes. Gino commande alors à un réalisateur, un documentaire sur lui et sa famille censé les présenter comme des truands de grande envergure.
Seulement le tournage ne se passe pas tout à fait comme prévu, sa famille se rebelle, l'équipe se montre récalcitrante aux ordres de Gino qui a tendance à se prendre pour son personnage et quand un vrai mafieux, persuadé qu'il a affaire à un nouveau concurrent s'en mêle, c'est la panique.

L'Avis de Thibault

Après l'excellent J'ai toujours rêvé d'être un gangster, le romancier et dramaturge Samuel Benchetrit confirme sa singularité dans le paysage cinématographique français avec une comédie sympathique et fauchée.

Gino est un modeste tenancier d'une pizzeria dans le quartier de la Chapelle, à Bruxelles. Un beau jour, il reçoit un coup de fil de ses cousins restés en Sicile : son vieil oncle, un mafioso notoire, va passer l'arme à gauche et veut lui léguer une partie de sa fortune... A une condition : que Gino prouve qu'il est devenu un vrai mafieux, lui aussi. Alors Gino s'embarque dans un projet un peu fou : tourner un pseudo-documentaire sur sa vie, dans lequel il se fait passer pour le roi du racket, l'empereur des pizzerias bruxelloises ! Mais il confie la réalisation de ce documentaire à un cinéaste aussi ringard que prétentieux, et le tournage est semé d'embûches...

Le projet du film remonte à loin puisque Samuel Benchetrit a écrit la première version du film juste après la sortie de son premier long-métrage, Janis et John, en 2003. Le film a ensuite été mis de côté et le cinéaste a travaillé sur J'ai toujours rêvé d'être un gangster. C'est juste avant le tournage de ce film qu'il a contacté José Garcia pour jouer Gino et qu'il a pu sérieusement lancer le projet.

L'exercice est difficile: mettre en scène un univers décalé et extrême. Certains passages sont vraiment désopilants et le délire est omniprésent. Samuel Benchetrit filme l'Italie avec des plans somptueux, comme on n'en voit plus assez au cinéma. Les scènes sur la plage sont vraiment bien faites. Le film est bourré d'humour, avec un peu d'émotion. Dommage que, justement le film traîne en longueur vers la fin.

Samuel Benchetrit est un véritable cinéphile. Comme J'ai toujours rêvé d'être un gangster qui renvoyait à la fois à Scorsese (le titre du film est la première réplique des Affranchis) et à Jarmusch (la rencontre Alain Bashung-Arno, en noir et blanc autour d'une table de café est une transposition française de celle Tom Waits-Iggy Pop de Coffee and cigarettes), Chez Gino évoque toute sorte de cinéma. Les références pullulent. Le couple formé par José Garcia et Anna Mouglalis évoque Alberto Sordi et Anna Magnani. Chez Gino rend en effet hommage au cinéma italien avec des univers à la Comencini, Fellini, Scola ou même à la Tornatore de Cinema Paradiso. La présence de Ben Gazzara en vétéran du cinéma rappelle forcément son grand ami John Cassavetes pour lequel il a joué plusieurs fois (Husbands, Meurtre d'un bookmaker chinois, Opening Night) et donc une certaine époque du cinéma new-yorkais. Le film fait aussi un clin d'œil inattendu au film Festen du danois Thomas Vinterberg.

José Garcia fait preuve d'un talent comique fabuleux dans le rôle de Gino : quand le pauvre restaurateur essaye de jouer son propre rôle dans le documentaire-bidon, Garcia parvient à mimer les maladresses de l'acteur amateur avec un naturel confondant. Le comédien est vraiment devenu l'une des grandes valeurs sûres du cinéma français ! Plutôt habituée à des rôles plus sérieux, Anna Mouglalis, la compagne du réalisateur incarne Simone, la femme de Gino. On la découvre avec beaucoup de plaisir dans un rôle comique. Après l'avoir fait tourner dans Janis et John, Benchetrit réinvite Sergi López à jouer dans son film. Tout en méchanceté bovine monolithique, l'acteur est magistral. Après l'avoir fait jouer dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster en 2008, Samuel Benchetrit retrouve aussi dans Chez Gino l'acteur belge Serge Larivière qui joue Paulo, le décorateur. L'acteur est vraiment attachant. Tous les petits rôles crèvent l'écran comme Jalil Lespert ou Adèle Exarchopoulos et Martin Jobert, deux jeunes acteurs des Enfants de Timpelbach.

Maniant les références et truffé de dialogues et de situations savoureuses, le film est une comédie sans prétention très plaisante, à la fois drôle et touchante avec des comédiens épatants. Un film riche au sens cinématographique.

Fiche Technique

Genre : Comédie

Nationalité : Française et Espagnole

Réalisation : Samuel Benchetrit

Interprètes : José Garcia, Anna Mouglalis, Samuel Benchetrit, Sergi López, Ben Gazzara, Adèle Exarchopoulos, Martin Jobert, Serge Larivière, Robert Assolen, Fabrice Adde, Mahipal Singh, Prosper Leprégassin, Jules Benchetrit et Jalil Lespert

Durée : 100 minutes

Année de production : 2008

Attachés de presse : Dominique Segall et Grégory Malheiro

Date de sortie : 30 mars 2011

 

 


CHEZ GINO : BANDE-ANNONCE 'José Garcia'



02/04/2011
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