Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Fair Play, le 10 mai 2007 en DVD ***



Fair play de Lionel Bailu

Synopsis


Un patron dominateur compulsif, une nouvelle recrue à l'arrivisme forcené, un cadre calculateur et machiavélique et une employée trop victime pour être honnête règlent leurs comptes sur les terrains de sport.
La sueur se mêle à la manipulation, la domination sportive se transforme en harcèlement et la résistance physique devient le dernier rempart contre le licenciement...
Aviron, squash, parcours santé, golf, canyoning, le noeud de vipères ne cesse de se resserrer jusqu'à ce que les masques, et les hommes, tombent.

L'Avis de Thibault

Le sport : symbole du travail d'équipe et de la solidarité contre l'égoïsme et la rivalité des grandes sociétés capitalistes.

Pour son passage au long métrage, Lionel Bailu a décidé d'adapter son court métrage Squash, montrant ainsi les rapports de force dans le monde du travail. Le concept est original : l'affrontement psychologique de collègues de bureau dans un contexte sportif. Le côté théâtral rajoute de la tension à un récit qui dresse un portrait sans complaisance de la vie en entreprise. Les scènes sportives ne sont qu'un prétexte au déroulement de la manipulation mentale et de la perversion de leurs auteurs. Les scènes de squash et du Golf sont des modèles du genre. Tout y passe : harcèlement sexuel, coup bas, détournement d'argent, abus de pouvoir et ambition démesurée. Pourtant, on ne pose jamais le pied au travail. Le comportement des personnages n'est que la conséquence d'une vie que l'on ne voit jamais à l'écran mais qui se devine dans chaque scène : une vie qui croule sous le poids de l'influence néfaste de cette micro société hiérarchisée qu'est l'entreprise et dont le réalisateur dénonce ici les rouages.

Fournissant un film techniquement maîtrisé, Baillu sait faire monter le suspense. Chacun des personnages montre un premier visage au début du film, sympathique ou non, et pour chacun d'entre eux, le développement de l'intrigue va ajouter une ambiguïté à leur caractère, la situation révélant alors leur autre visage. Le petit agneau, quand il est acculé, peut se révéler le pire des loups.

Lionel Bailu s'est tout de même entouré d'un casting prestigieux. En boss tyrannique, Éric Savin s'en tire avec les honneurs, campant relativement bien son personnage démoniaque et tentaculaire. Il est tour à tour violent, cynique, carnassier et pourtant sensible et touchant. L'acteur offre la palette riche d'un jeu tout en subtilité et en justesse.. Benoît Magimel joue un jeune homme qui semble loin de ses anciens rôles, celui du commercial « lèche-cul » et horripilant. Par ailleurs son ventre bedonnant lui donne un aspect plus terre à terre. Mélanie Doutey joue la cruche avec une auto dérision hilarante et Marion Cotillard, encore et toujours parfaite, est tendue et nerveusement à cran. Jean-Pierre Cassel apparaît trop furtivement.

Un film qui montre une certaine réalité, bien qu'un peu naïve et caricaturale, du monde du travail. Qui manipule qui et comment ?

Fiche technique

Genre : Thriller

Nationalité : Française

Réalisation : Lionel Bailliu

Casting : Benoît Magimel, Marion Cotillard, Jérémie Renier, Mélanie Doutey, Eric Savin, Jean-Pierre Cassel et Malcolm Conrath

Durée : 98 min.

Année de production : 2005

Date de sortie : 06 Septembre 2006

Budget : 5 320 000 euros

Box Office France : 87 832 entrées

N° de visa : 112 408


03/03/2009
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