Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

La Ligne droite, le 9 juillet 2011 en DVD ****

La Ligne droite, le 9 mars au cinéma ****

La Ligne droite de Régis Wargnier

Synopsis


Leïla, après cinq années de prison, retrouve la liberté. Elle va rencontrer Yannick, un jeune athlète qui vient de perdre la vue dans un accident. La seule discipline que celui-ci peut pratiquer avec son handicap, c'est la course. Mais avec un guide, auquel il est attaché, par un fil, le temps de l'entraînement. Ce sera en l'occurrence, une guide : Leïla, elle-même athlète de haut niveau dans sa vie d'avant. Leïla se tait sur son passé. Yannick, étouffé par les marques de compassion de son entourage, va s'arranger de ce silence. L'entraînement, et puis les projets de compétition vont les aider à se reconstruire, l'un avec l'autre. Mais il y a des histoires passées qui ne vous lâchent pas, et des sentiments présents, des mouvements du cœur, qui bouleversent les trajectoires. Il faudra en passer par là pour un jour entrer dans la ligne droite.

L'Avis de Thibault

Après Pars vite et reviens tard avec José Garcia et Nicolas Cazalé, Régis Wargnier a eu l'idée de son prochain film La ligne droite, après avoir assisté à une compétition d'athlétisme. C'est un retour fracassant avec cette histoire très émouvante.

La Ligne droite c'est l'histoire de la rencontre de deux accidentés de la vie : Leila, qui vient de sortir de prison et qui vit toujours éloignée de son fils, et Yannick, jeune athlète, qui vient de perdre la vue. La première va devenir le guide du second sur la piste de course, et ensemble ils vont vivre des moments difficiles, des moments de doute intense, des moments de bonheur jusqu'à retrouver goût à la vie.

On sent que Régis Wargnier aime ce milieu de l'athlétisme, il sait filmer les coureurs comme nul autre pareil et plus particulièrement les corps de ces deux personnages, qui se frôlent, souffrent ensemble, avancent ensemble, trébuchent, se relèvent... Il est au plus près d'eux, de leurs foulées, de leurs mains liées, de leurs souffles. La relation entre l'athlète non-voyant et sa guide évolue constamment, et le besoin mutuel est bien rendu. Sur le thème éculé de la reconstruction de soi, Régis Wargnier offre le meilleur. Il n'y a pas de sentimentalisme larmoyant dans la volonté de ce jeune sportif qui n'aspire qu'à retrouver sa vie d'avant.

Régis Wargnier rend hommage à ces coureurs aveugles et à leurs guides. Les premiers pour qui les courses sont plus que de simples courses. Les seconds qui, au delà d'être de simples yeux, font preuve d'un dévouement immense et s'efface littéralement derrière les précédents. Et ce lien qui se crée entre eux, bien au delà des stades... Le film est émouvant et nous fait comprendre le courage que doivent développer ces cabossés de la vie pour reprendre leur rythme d'avant. Pour une fois le handicap n'est pas pointé du doigt, mais au contraire une normalité où tout est possible. Le film prouve que malgré son handicap on peut faire de belles choses. La ligne droite ne tombe pas dans la mièvrerie car il met l'humain avant le handicap.

Le réalisateur se paie même le luxe de tourner sa séquence finale au cours d'une vraie compétition au Stade de France. Il n'avait pas de droit à l'erreur. Une prise en moins de six minutes. Grace au destin, la fin est assez inattendue et vraiment prenante.

La musique du compositeur Patrick Doyle, fidèle collaborateur de Régis Wargnier, est envoutante. Elle retranscrit bien les émotions des personnages. La photographie de Laurent Dailland est très belle, il est juste regrettable que la mise en scène n'ait pas été davantage soignée. On arrive à voir dans les lunettes noires de Yannick les gros projecteurs qui éclairent le plateau.

Les acteurs sont tous formidables. Rachida Brakni est rayonnante de beauté, de grâce et de courage. L'actrice est bouleversante et très crédible. Cyril Descours apporte beaucoup à son rôle dans l'utilisation de son corps, véritable élément d'expression du personnage. Il est impressionnant. Clémentine Célarié, trop rare au cinéma, est formidable dans un rôle différent de ce qu'on connait d'elle. Trois sportifs de haut niveau jouent dans le film : Seydina Baldé, ancien champion du monde de karaté à cinq reprises, Gautier Trésor Makunda, athlète malvoyant et champion du monde sur 100m en 2006 et Aladji Ba, non-voyant et champion de France sur 400m en 2005. La présence des sportifs donne une crédibilité au film.

Ce drame sur un fond de sport donne de l'espoir. Un film touchant, sans prétention mais avec une grande sincérité. Plus qu'un film sur l'athlétisme, La Ligne droite est un film sur le handisport.

Fiche Technique

Genre : Drame

Nationalité : Française

Réalisation : Régis Wargnier

Interprètes : Rachida Brakni, Cyril Descours, Clémentine Célarié,Seydina Baldé, Thierry Godard, Grégory Gadebois, Gautier Trésor Makunda, Aladji Ba, Romain Goupil et Mathias Van Kache

Durée : 98 minutes

Année de production : 2010

Attachés de presse : Olivier Guigues, Myriam Bruguière, Thomas Percy et Wendy Chemla

Date de sortie : 9 mars 2011
 
   


13/03/2011
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 13 autres membres