Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Rose et noir, le 14 avril 2010 en DVD **

 
Rose et noir de Gérard Jugnot

Synopsis


En 1577, Pic Saint Loup, grand couturier sur le déclin, se voit confier par le roi Henri III, une mission diplomatique : il doit confectionner sa plus belle robe de cérémonie pour le mariage arrangé d'un de ses neveux avec la fille d'un Grand d'Espagne. Dans une Espagne catholique intégriste qui traque protestants, maures, juifs et homosexuels, Saint Loup va se mettre en chemin entouré de ses gens. Ce qu'il ignore, c'est qu'il part avec un protestant, son fidèle secrétaire, bien décidé à cacher une bombe dans la robe pour venger les siens de la sanglante Saint Barthélémy. Il part également avec son " nègre " un maure qu'il doit transformer en blond normand, avec son parfumeur, son " nez " un juif marrane ainsi que son coiffeur, une folle perdue. Tout ce joli monde " persona non grata " va se retrouver chez le père de la fiancée, un détraqué de la pire espèce, qui n'est autre que le grand inquisiteur de Cordoba...

L'avis de Thibault

Le film commence avec cette très belle citation de Sacha Guitry : « Lorsqu'on interroge le passé, il répond présent ! ». Rose et Noir est le dixième film de Gérard Jugnot en tant que réalisateur. Après avoir abordé des thèmes comme les sectes dans Fallait pas ! (On attend sa sortie en DVD), le monde du cinéma et l'occupation en 1942, il traite de l'intolérance sous l'inquisition espagnole, en mélangeant humour et réflexion.

En l'an 1577, en pleine période obscure de l'Inquisition, le grand couturier Pic Saint-Loup se voit confier par le roi Henri III la tâche de réaliser une prestigieuse robe de cérémonie pour le mariage d'un de ses neveux avec la fille d'un grand d'Espagne. Commence alors un périple dans l'Espagne catholique intégriste de Philippe II qui va se transformer en cauchemar pour le couturier, personnage maniéré, pomponné et tout vêtu de rose qui va le conduire directement chez le grand inquisiteur de Séville. Attisant la suspicion des inquisiteurs espagnols adeptes de la question, l'excentrique couturier s'est entouré d'un secrétaire protestant bien décidé à venger les morts de la Saint-Barthélemy, un assistant musulman grimé en Normand un parfumeur juif et un coiffeur homosexuel.

Dans Rose et Noir, Gérard Jugnot aborde le sujet de l'intolérance religieuse, sexuelle et sociale. Il y joue Pic Saint Loup, sorte de Lagerfeld envoyé par Sarkozy faire une robe chez les talibans. En parlant de cette Espagne inquisitrice, il veut tirer le portrait de notre société actuelle. Les guerres sonnent comme une critique vis-à-vis des dérives intégristes de notre époque.

Malheureusement, le film n'est pas drôle. Les scènes sont parfois vulgaires notamment lorsque le couturier est sur le trône et laisse échapper quelques flatulences. De même que les scènes avec le Prince de France et son doudou sont infantiles. Gérard Jugnot nous refait même le coup de Batignole. Pendant 1h20, Pic Saint Loup est un grand naïf avec des œillères sur les yeux. Dix minutes avant la fin, il intervient dans un grand monologue plein de bons sentiments devant le tribunal de l'inquisition. La scène fait écho à celle de la gendarmerie dans Monsieur Batignole. Le seul moment qui est visuellement très beeau est celui du très coloré défilé de la collection Automne Hiver 1577 de Pic Saint Loup, ayant pour thème les 4 éléments.

Le jeu des acteurs est inégal. Le meilleur est peut être l'enfant qui incarne Frédéric de Montmirail (cousin de Godefroy de Montmirail ???). Gérard Jugnot a un véritable don pour révéler des petites pépites. On se rappelle de Bérénice Béjo dans Meilleur Espoir Féminin, Jules Sitruk dans Monsieur Batignole et Constance Dollé dans Boudu. Ici, la révélation s'appelle Raphaël Boshart, apperçu dans Big City. Il est très juste dans son jeu. On finit même par s'attacher. Bernard Le Coq fait le minimum syndical dans son rôle de Castaing, sorte de Wolf dans Objectif Lune. Patrick Haudecoeur était plus drôle chez Eric Civanyan dans le rôle de l'Abbé ou chez Jean Michel Ribes en guide Paul Gauguin. Dans Rose et Noir avec Stéphane Debbac, le côté sur joué ressort. Ils ressemblent plus à des personnages tirés de La cage aux folles. Saïda Jawad amène de la douceur dans ce monde de brutes.

Comme avec le Spendid, il réunit une bande d'amis, pour des participations. On retrouve Damien Jouillerot et Hubert Saint Macary (Monsieur Batignole), Mohamed Hicham et Thierry Heckendorn (Meilleur espoir féminin), Roland Marchisio (Casque Bleu). Même Arthur Jugnot, fils de Gérard Jugnot incarne le Roi Henri III. Comme une transmission de pouvoir, lors de la scène du défilé de mode, le père s'incline devant son fils. Michèle Garcia (Monsieur Batignole) et Bernard-Pierre Donnadieu (Faubourg 36) sont aussi présents. Ils doublent les personnages Poveda et Margarita. Philippe Duquesne et Raphael Personnaz complètent le casting.

Un grand coup de chapeau à la créatrice de costumes, Martine Rapin qui a fait un travail sublime.

Rose et noir est une sorte de caricature entre La Folie des grandeurs et La cage aux folles qui déçoit. Gérard Jugnot nous a habitué à mieux. La grosse fraise plaira avant tout aux enfants.

Fiche Technique

Genre : Comédie , Aventure, Historique
Nationalité : Française et Espagnole

Réalisation : Gérard Jugnot

Casting : Gérard Jugnot, Bernard Lecoq, Juan Diego, Assaad Bouab, Stéphane Debac, Saida Jawad, Patrick Haudecoeur, Raphaël Boshart, Aixa Villagran, Javivi Gil, Elodie Frenck, Arthur Jugnot, Philippe Duquesne, Thierry Heckendorn, Hubert Saint Macary, Roland Marchisio, Damien Jouillerot, Raphael Personnaz, Mohamed Hicham et les voix de Michèle Garcia et Bernard Pierre Donnadieu

Durée : 97 min

Année de production : 2008

N° de visa : 119550

Attachée de presse : Dominique Segall et Grégory Malheiro

Date de sortie : 14 octobre 2009
 
 
 


05/10/2009
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