Le cinéma de Thibault

Le cinéma de Thibault

Séance de rattrapage : Les Chemins de la liberté **

Les Chemins de la liberté, le 26 janvier au cinéma **

Les Chemins de la liberté de Peter Weir

Synopsis


En 1940, une petite troupe de prisonniers décide de s'évader d'un camp de travail sibérien.
Pour ces hommes venus de tous les horizons, s'échapper de cet enfer ne sera que le début de l'aventure...
Ensemble, ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres, à travers la toundra sibérienne glacée, traversant les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l'Himalaya pour franchir la Grande Muraille de Chine.
Certains s'arrêteront en chemin, d'autres ne survivront pas aux épreuves. L'Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime.
Mais la route est longue, les rencontres risquées, les conditions physiques épouvantables, et chacun a ses secrets...

L'Avis de Thibault

Sept ans qu'on attendait un film réalisé par Peter Weir, cinéaste qui a fait quelques pépites dans sa filmographie (Le cercle des poètes disparus). Son nouveau long métrage est l'adaptation du best-seller À marche forcée écrit par Slavomir Rawicz, ancien soldat polonais envoyé aux goulags sous le régime stalinien. Le métrage, un peu comme tous les films de Peter Weir, nous conte l'histoire d'hommes qui cherchent à échapper à un système. Ici le système est communiste et l'obstacle est la nature. Un thème et une histoire pareille, met d'entrée de jeu le spectateur dans une optique où l'émotion sera au rendez vous. Et à contrario, l'émotion n'arrive jamais à passer à travers l'écran.

Peter Weir s'attaque ici à un thème difficile à traiter sur l'écran, l'évasion de plusieurs détenus et leur traversée du désert, au sens propre du terme. Tout d'abord, pendant toute la durée du film, on voit strictement la même chose. Les fugitifs marchent, affrontent le climat toujours insupportable (soit le froid glacial de Sibérie, soit le désert brulant), croisent des gens de temps en temps, certains parmi eux tiennent moins le coup que d'autres... Rien d'inattendu en fait, il n'y a absolument aucune surprise autre que l'admiration que l'on peut porter aux véritables personnages. Le scénario manque parfois d'inspiration. Le film souffre de plusieurs longueurs qui cassent le rythme du scénario.

On les regarde voyager mais on ne vit absolument pas ce voyage, ce qui enlève tout l'intérêt au film. Aucune émotion pour ces personnages, qui souffrent, et meurent parfois, incarnés par des acteurs pas très bien employés. L'émotion est malheureusement absente. De la cruauté du goulag à l'hostilité du désert dont les conditions égalent sans peine, dans la difficulté, la froideur de la sibérie, Peter Weir, a fui tout spectaculaire et a quasiment bridé l'émotion. On en sait et on en saura assez peu sur ces prisonniers qui fuient le goulag, bravent les froids sibériens, traversent la fournaise de Gobi et, de Lhassa, franchissent l'Himalaya.

Les personnages braves sont très mal joués avec un accent Russe qui frise le ridicule, mention à Colin Farrell qui comme à son habitude est mauvais et en fait des tonnes. Ed Harris se contente du minimum syndical. Même Saoirse Ronan, bouleversante dans Lovely bones, ne fait qu'une apparition dont on ne retient rien. La déception vient même de Jim Sturgess, qui sans être trop mauvais n'a pas réussi à s'imposer comme le leader que le scénario a fait de lui, et ce n'est que tard dans le film qu'il se met suffisamment en valeur pour qu'on le remarque vraiment. Manque total de charisme. Dommage.

Les paysages sont tous, plus bluffant les uns que les autres. Cette nature est tellement mise en avant qu'elle peut être considérée comme un personnage à part entière. On se croirait dans un connaissance du monde. Le réalisateur, hypnotisé par les magnifiques paysages qui se dévoilent majestueusement à l'écran, en oublie de porter de l'intérêt à des personnages extrêmement méritants, mais vides de toute enveloppe.

Le cinéaste australien signe une oeuvre d'un classicisme qui confine parfois à l'académisme, sans lyrisme aucun. Il manque tout de même aux Chemins de la liberté une étincelle qui lui permettrait de briller sur un autre plan que celui de la contemplation. Un film sans souffle.

Fiche Technique

Genre : Aventure , Drame

Nationalité : Américaine

Réalisation : Peter Weir

Interprètes : Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan,Colin Farrell, Mark Strong, Gustaf Skarsgard, Alexandru Potocean, Sebastian Urzendowsky, Dragos Bucur, Dejan Angelov, Yordan Bikov, Sattar Dikambayev, Sally Edwards, Valentin Ganev, Igor Gnezdilov, Mariy Grigorov, Meglena Karalambova, Irinei Konstantinov, Ruslan Kupenov, An-Zung Le, Nikolay Mutafchiev, Stanislav Pishtalov, Stefan Shterev, Anton Trendafilov, Termirkhan Tursingaliev, Hal Yamanouchi, Zahary Baharov et Bhawani Singh

Durée : 134 minutes

Année de production : 2010

Titre original : The Way Back

Attaché de presse : François Frey

Date de sortie : 26 janvier 2011
 
 


30/01/2011
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